Nous avons tous croisé, au cours de nos études en mathématiques supérieures, cette notion fondamentale qu’est le déterminant d’une matrice carrée. Cette valeur scalaire, qui caractérise une matrice, se révèle indispensable dans de nombreux domaines des mathématiques appliquées et de l’algèbre linéaire. Depuis 1683, année où Gottfried Wilhelm Leibniz introduisit les premières bases de cette théorie, le calcul du déterminant est devenu une compétence essentielle pour quiconque travaille avec des systèmes d’équations ou des transformations linéaires. Nous abordons ici la méthode par cofacteurs, une technique méthodique qui permet de traiter des matrices de toutes dimensions, avec rigueur et efficacité.
Cette approche structurée vous permettra de maîtriser parfaitement les opérations matricielles complexes, tout comme vous pouvez approfondir vos connaissances en consultant notre cours complet sur les vecteurs : opérations, coordonnées et théorèmes, qui complète utilement ces notions d’algèbre linéaire. Comprendre la méthode des cofacteurs nécessite d’assimiler plusieurs concepts intermédiaires que nous détaillerons progressivement.
Les fondamentaux des matrices carrées et de leurs composantes
Avant d’aborder le calcul des déterminants, nous devons préciser certains éléments de terminologie. Une matrice se présente comme un tableau organisé d’éléments numériques, disposés en lignes et en colonnes. Lorsque nous parlons de matrices carrées, nous désignons spécifiquement des tableaux comportant autant de lignes que de colonnes. Cette condition est absolument nécessaire pour définir un déterminant.
Avant de plonger dans les cofacteurs, un petit echauffement rapide :
Quel est le determinant de cette matrice 2×2 ?
La dimension d’une matrice s’exprime par le couple (n × m), où n représente le nombre de lignes et m le nombre de colonnes. Pour une matrice carrée, nous aurons donc n = m, ce qui nous donne des matrices 2×2, 3×3, 4×4, et ainsi de suite. Chaque élément constitutif porte le nom de coefficient, identifié par sa position précise dans la structure matricielle.
Nous notons traditionnellement un coefficient par aij, où l’indice i indique sa ligne et j sa colonne. Cette notation universelle, adoptée dans tous les ouvrages mathématiques depuis le début du XXe siècle, facilite grandement la communication entre mathématiciens. Par exemple, si nous considérons une matrice A de dimension 4×4, le coefficient a23 désigne l’élément situé à la deuxième ligne et à la troisième colonne. Cette précision dans la localisation devient cruciale lors des manipulations nécessaires au calcul du déterminant.
Le déterminant lui-même se note det(A) ou |A|, ces deux barres verticales symbolisant cette fonction particulière. Il s’agit d’une valeur scalaire unique, c’est-à-dire un nombre réel ou complexe, associé à chaque matrice carrée. Cette propriété fondamentale trouve des applications dans la résolution de systèmes linéaires, le calcul d’inversibilité de matrices, ou encore la détermination d’aires et de volumes en géométrie. Notons qu’environ 78% des étudiants en classes préparatoires scientifiques considèrent cette notion comme l’une des plus importantes de leur programme d’algèbre linéaire.
Les mineurs et cofacteurs : éléments clés de la méthode
Pour appliquer la méthode d’expansion par cofacteurs, nous devons d’abord comprendre deux concepts intermédiaires : les mineurs et les cofacteurs. Ces notions constituent les briques élémentaires qui nous permettront de construire progressivement le calcul complet du déterminant, quelle que soit la taille de la matrice considérée.
Un mineur, noté Mij, représente le déterminant d’une sous-matrice obtenue en supprimant la ligne i et la colonne j de la matrice initiale. Pour une matrice 3×3, nous pouvons ainsi définir neuf mineurs différents, correspondant aux neuf positions possibles. Cette opération d’élimination réduit systématiquement la dimension de la matrice d’un rang : une matrice 4×4 génère des mineurs 3×3, une matrice 3×3 produit des mineurs 2×2.
Prenons un exemple concret avec une matrice B de dimension 3×3. Si nous souhaitons calculer M12, nous éliminons la première ligne et la deuxième colonne, puis nous calculons le déterminant de la matrice 2×2 restante. Cette opération se répète autant de fois qu’il existe de coefficients dans notre matrice d’origine, bien que nous verrons qu’en pratique, certains calculs peuvent être évités.
| Position | Mineur | Lignes/colonnes supprimées |
|---|---|---|
| M11 | Déterminant de la sous-matrice | Ligne 1, Colonne 1 |
| M23 | Déterminant de la sous-matrice | Ligne 2, Colonne 3 |
| M32 | Déterminant de la sous-matrice | Ligne 3, Colonne 2 |
Le cofacteur Cij se définit ensuite à partir du mineur par la relation mathématique suivante : Cij = (-1)^(i+j) × Mij. Autrement dit, le cofacteur et le mineur partagent la même valeur absolue, mais peuvent différer par leur signe. Cette alternance de signes suit un schéma précis : nous commençons par un signe positif en position (1,1), puis nous alternons horizontalement et verticalement selon un motif en damier. Cette règle s’applique systématiquement, quelle que soit la dimension de la matrice traitée, comme nous pouvons également l’observer dans le produit scalaire avec les normes dans un parallélogramme où des patterns réguliers facilitent les calculs.

Procédure complète pour les matrices de petite dimension
Commençons par le cas le plus simple, celui des matrices 2×2. Pour ces matrices élémentaires, le calcul se résume à une opération directe : nous effectuons le produit des éléments diagonaux opposés, puis nous calculons leur différence. Si notre matrice possède les coefficients a11, a12, a21, a22, alors det(A) = a11×a22 – a12×a21. Cette formule mnémotechnique ressemble au produit croisé utilisé pour vérifier l’égalité entre deux fractions.
Pour les matrices 3×3, nous appliquons désormais la méthode d’expansion par cofacteurs complète selon les étapes suivantes :
- Nous sélectionnons une ligne ou une colonne de référence, en privilégiant celle contenant le maximum de zéros pour simplifier les calculs
- Nous attribuons à chaque coefficient de cette ligne ou colonne son signe de cofacteur, en commençant par + en position (1,1) et en alternant
- Nous calculons le mineur associé à chaque coefficient non nul, en éliminant la ligne et la colonne correspondantes
- Nous multiplions chaque coefficient par son mineur affecté de son signe
- Nous additionnons tous ces produits pour obtenir le déterminant final
Cette procédure systématique garantit l’obtention du résultat correct, indépendamment de la ligne ou colonne choisie pour l’expansion. Nous obtenons toujours la même valeur finale, ce qui constitue une propriété remarquable de cette méthode. En pratique, lorsque nous développons selon la première ligne d’une matrice 3×3, nous calculons : det(A) = a11×C11 + a12×C12 + a13×C13, où chaque Cij représente le cofacteur correspondant.
Application aux matrices de grande dimension
Pour les matrices 4×4 et au-delà, nous utilisons exactement la même méthodologie, avec une complexité croissante liée à la multiplication des calculs intermédiaires. Chaque mineur d’une matrice 4×4 devient lui-même un déterminant 3×3, nécessitant l’application complète de la méthode précédemment décrite. Cette approche récursive s’étend théoriquement à des matrices de dimension arbitraire.
L’aspect crucial dans ces calculs demeure le choix stratégique de la ligne ou colonne d’expansion. Chaque zéro présent dans cette ligne élimine un calcul de mineur, réduisant considérablement le temps de résolution. Une matrice 4×4 avec une ligne contenant trois zéros ne nécessitera qu’un seul calcul de déterminant 3×3, contre quatre dans le cas général. Cette optimisation devient essentielle lorsque nous traitons manuellement ces calculs.
Nous devons également garder à l’esprit certaines propriétés fondamentales : le déterminant s’annule si la matrice contient une ligne ou une colonne entièrement composée de zéros. De même, les matrices rectangulaires (dimension n×m avec n≠m) ne possèdent pas de déterminant défini. Ces règles, établies formellement au début du XIXe siècle par Augustin-Louis Cauchy, simplifient grandement certaines situations pratiques. Nous recommandons de vérifier systématiquement ces conditions avant d’entreprendre des calculs longs, ce qui constitue une habitude professionnelle que nous avons développée au fil de notre pratique des mathématiques appliquées.
Quiz : Calculer le déterminant par cofacteurs














