Les suites arithmético-géométriques représentent un défi majeur dans le programme de spécialité mathématiques en terminale. Selon les statistiques du baccalauréat 2024, environ 68% des exercices de suites proposés à l’examen comportaient une question sur ce type particulier de suite. Nous constatons régulièrement que la maîtrise de ces exercices constitue un passage obligé pour réussir, tant au contrôle qu’à l’examen final. Ces suites se caractérisent par une relation de récurrence combinant addition et multiplication, ce qui les rend ni purement arithmétiques ni purement géométriques. Nous allons étudier les méthodes efficaces pour traiter ces exercices qui valent généralement entre six et huit points lors des évaluations.
Reconnaissance et analyse d’une suite arithmético-géométrique
Nous observons qu’une suite arithmético-géométrique suit une relation de récurrence du type u(n+1) = a × u(n) + b, où a et b sont des constantes réelles. Pour identifier ce type de suite, nous examinons d’abord si la relation fait intervenir à la fois une multiplication et une addition. Par exemple, la relation u(n+1) = 3 × u(n) + 4 constitue un cas typique que nous rencontrons fréquemment dans les énoncés.
Reconnaître une suite arithmético-géométrique
Parmi ces relations de récurrence, laquelle définit une suite arithmético-géométrique ?
La première étape consiste à vérifier si cette suite possède les propriétés d’une suite arithmétique classique ou d’une suite géométrique pure. Nous calculons u(n+1) – u(n) pour tester l’hypothèse arithmétique, puis u(n+1) / u(n) pour l’hypothèse géométrique. Dans notre exemple avec u(n+1) = 3 × u(n) + 4, nous constatons rapidement que la différence entre deux termes consécutifs varie selon n, tout comme leur quotient. Cette double constatation confirme la nature mixte de la suite.
Les contextes d’application de ces suites dans les énoncés varient considérablement. Nous les retrouvons dans des problématiques de gestion de ressources, comme la capacité d’un réservoir qui se remplit à débit constant mais perd un pourcentage fixe par évaporation chaque jour. Ces situations concrètes permettent de modéliser des phénomènes réels où se combinent croissance relative et variation absolue. Nous encourageons toujours à bien comprendre le contexte physique avant de se lancer dans les calculs, car cela facilite la compréhension des transformations mathématiques qui suivent.
| Type de suite | Relation de récurrence | Caractéristique |
|---|---|---|
| Arithmétique | u(n+1) = u(n) + r | Différence constante |
| Géométrique | u(n+1) = q × u(n) | Quotient constant |
| Arithmético-géométrique | u(n+1) = a × u(n) + b | Combinaison des deux |
Construction et démonstration de la suite auxiliaire géométrique
Nous introduisons systématiquement une suite auxiliaire v(n) définie par une relation du type v(n) = u(n) + k, où k est une constante à déterminer. L’objectif est de transformer notre suite arithmético-géométrique en une suite géométrique classique, beaucoup plus simple à manipuler. Pour trouver la valeur de k, nous imposons que v(n+1) = q × v(n), ce qui nécessite quelques manipulations algébriques précises.
Prenons un exemple concret avec u(n+1) = 3 × u(n) + 4. Nous posons v(n) = u(n) + k et cherchons k tel que v(n) soit géométrique. En écrivant v(n+1), nous obtenons v(n+1) = u(n+1) + k = 3 × u(n) + 4 + k. Nous exprimons ensuite u(n) en fonction de v(n), soit u(n) = v(n) – k. Par substitution, nous trouvons v(n+1) = 3 × (v(n) – k) + 4 + k = 3 × v(n) – 3k + 4 + k. Pour que cette expression devienne 3 × v(n), nous devons avoir -3k + 4 + k = 0, ce qui donne k = 2.
La démonstration rigoureuse du caractère géométrique de la suite auxiliaire constitue une étape cruciale. Nous partons toujours de v(n+1), nous effectuons les transformations nécessaires en utilisant les définitions de u(n+1) et de v(n), puis nous factorisons pour faire apparaître v(n). Cette démarche méthodique garantit l’obtention d’une relation de la forme v(n+1) = q × v(n), où q représente la raison de notre suite géométrique. Dans notre exemple, nous avons montré que v(n+1) = 3 × v(n), avec une raison égale à 3. Rappelons que la rigueur dans les manipulations algébriques est essentielle pour éviter les erreurs.

Expression explicite et calcul des termes
Une fois établi que v(n) est géométrique de raison q avec un premier terme v(0), nous appliquons la formule classique : v(n) = v(0) × q^n. Cette expression explicite nous permet de calculer directement n’importe quel terme de la suite v(n) sans passer par tous les termes précédents. Pour déterminer v(0), nous utilisons la relation v(0) = u(0) + k, où u(0) est fourni dans l’énoncé et k est la constante calculée précédemment.
Reprenons notre exemple avec k = 2 et supposons u(0) = 1. Nous calculons v(0) = u(0) + 2 = 3. Comme nous avons montré que v(n) est géométrique de raison 3, nous écrivons v(n) = 3 × 3^n = 3^(n+1). Cette formule nous donne directement la valeur de v(n) pour tout entier naturel n. Nous apprécions particulièrement cette étape car elle transforme un problème récurrent complexe en une formule explicite simple et élégante.
L’étape finale consiste à retrouver u(n) à partir de v(n). Nous utilisons la relation initiale v(n) = u(n) + k pour isoler u(n) : u(n) = v(n) – k. Dans notre exemple, cela donne u(n) = 3^(n+1) – 2. Cette expression explicite représente l’objectif ultime de l’exercice. Elle nous permet de calculer n’importe quel terme de la suite originale, de déterminer sa limite éventuelle, ou d’étudier son comportement asymptotique.
Nous recommandons de vérifier systématiquement le résultat en calculant les premiers termes avec la formule explicite et en les comparant aux valeurs obtenues par la relation de récurrence. Pour u(0), nous trouvons 3^1 – 2 = 1, ce qui correspond bien à notre condition initiale. Pour u(1), la formule donne 3^2 – 2 = 7, alors que la récurrence donne 3 × 1 + 4 = 7. Cette concordance valide notre démarche.
Stratégie de résolution et pièges à éviter
Nous identifions plusieurs étapes clés dans la résolution de ces exercices. Voici la méthode systématique que nous appliquons :
- Vérifier que la suite n’est ni arithmétique ni géométrique pure
- Poser la suite auxiliaire v(n) = u(n) + k
- Déterminer la valeur de k qui rend v(n) géométrique
- Montrer rigoureusement que v(n) est géométrique en partant de v(n+1)
- Exprimer v(n) en fonction de n avec la formule des suites géométriques
- En déduire u(n) en fonction de n
Les erreurs fréquentes que nous observons concernent principalement les manipulations algébriques lors de la démonstration du caractère géométrique. Nous insistons sur l’importance de toujours partir de v(n+1) et non de v(n), car c’est la seule démarche acceptée dans une démonstration rigoureuse. Une autre erreur courante consiste à oublier de calculer v(0) correctement, ce qui fausse toute la suite des calculs ultérieurs.
Comme nous l’avons constaté avec les équations différentielles ou l’étude des fonctions paires et impaires, la pratique régulière reste le meilleur moyen de maîtriser ces techniques. Nous recommandons de traiter au moins cinq exercices variés pour acquérir les automatismes nécessaires. Cette préparation intensive permet d’aborder sereinement les contrôles où ces exercices apparaissent systématiquement.














