Une Maison d’Assistants Maternels (MAM) réunit plusieurs assistants maternels agréés dans un local distinct de leur domicile. Les enfants y sont accueillis dans un cadre partagé, mais chaque professionnel conserve son agrément et les parents restent ses employeurs. La MAM associe ainsi certains aspects de l’accueil collectif à un fonctionnement qui ne se confond pas avec celui d’une crèche.
Ancien professeur puis formateur pour adultes, j’accompagne aujourd’hui des personnes qui envisagent une évolution professionnelle. Dans les échanges avec des candidats aux métiers de la petite enfance, je vois souvent revenir les mêmes points à éclaircir : qui signe le contrat, qui paie les frais du local et jusqu’où peut aller la délégation d’accueil ? Ces détails modifient concrètement l’organisation et le budget.
Pour comprendre ce mode de garde d’enfants, il faut distinguer le projet commun de la MAM des relations de travail individuelles avec chaque famille. L’agrément, les règles de sécurité et les capacités autorisées encadrent l’accueil ; le projet d’accueil donne, lui, une cohérence aux pratiques de l’équipe. Voici les repères que je vérifierais avant de rejoindre une structure ou d’en créer une.
Maison d’Assistants Maternels : définition et capacité d’accueil
Une MAM est un lieu où des assistants maternels agréés exercent ensemble, hors de leur domicile. Le dispositif a été introduit par la loi du 9 juin 2010. Il permet de partager un espace et des pratiques professionnelles sans transformer automatiquement les assistants en salariés d’une structure collective.
En règle générale, une MAM rassemble de deux à quatre professionnels. Chacun accueille les enfants dans la limite fixée par son agrément et dans les conditions validées pour le local. Le nombre d’enfants présents ne se déduit donc pas simplement du nombre de collègues : il dépend des agréments, des autorisations et de l’aménagement des lieux.
Je conseille de demander à la Protection maternelle et infantile (PMI), service départemental chargé notamment du suivi des assistants maternels, quelles capacités sont retenues pour le projet précis. Une pièce disponible sur un plan ne suffit pas à établir combien d’enfants pourront être accueillis simultanément.

MAM ou crèche : quelles différences pour les familles ?
La MAM et la crèche proposent toutes deux un accueil collectif au sens courant, mais leur organisation juridique diffère. En MAM, chaque assistant maternel exerce avec son propre agrément et conclut un contrat de travail avec les parents des enfants qu’il accueille. En crèche, les professionnels sont généralement salariés de la structure gestionnaire, qu’elle soit publique, associative ou privée.
Cette distinction compte lorsqu’un parent choisit un mode d’accueil. En MAM, il devient parent employeur et doit suivre les obligations liées au contrat, à la rémunération et aux déclarations. Les démarches et aides éventuellement mobilisables dépendent de sa situation et des règles en vigueur ; je l’invite à les vérifier auprès des organismes compétents, notamment Pajemploi et la CAF.
| Repère | Maison d’Assistants Maternels | Crèche |
|---|---|---|
| Employeur du professionnel | Chaque parent employeur signe avec l’assistant maternel concerné. | La structure gestionnaire emploie généralement l’équipe. |
| Cadre d’exercice | Local dédié partagé par des assistants maternels agréés. | Établissement d’accueil collectif régi par son organisation propre. |
| Organisation quotidienne | Équipe et projet communs, avec des contrats individuels. | Organisation pilotée par la direction et le projet de l’établissement. |
| Point à vérifier | Agrément de chaque professionnel, contrats et règles du local. | Modalités d’inscription, fonctionnement et règlement de la structure. |
Une famille qui visite une MAM peut donc demander qui sera son interlocuteur contractuel et comment sont organisés les relais en cas d’absence. Une réponse claire à ces questions renseigne autant sur le fonctionnement que sur l’ambiance du lieu.
Agrément et démarches pour travailler en MAM
Pour exercer en MAM, il faut obtenir un agrément d’assistant maternel délivré par le président du Conseil départemental, après instruction par les services de la PMI. Le diplôme n’est pas, à lui seul, la condition qui autorise l’exercice : un CAP Accompagnant éducatif petite enfance (CAP AEPE) peut être utile, mais il ne remplace pas l’agrément. La formation obligatoire et ses éventuelles dispenses dépendent de la situation du candidat.
La démarche commence généralement par une réunion d’information organisée par le département, puis par le dépôt d’un dossier et l’évaluation des conditions d’accueil. Pour un projet en MAM, prenez contact avec la PMI suffisamment tôt : elle pourra préciser les étapes locales, les exigences concernant le logement et la manière d’examiner le projet collectif.
Créer une structure à plusieurs suppose aussi de préparer le local, le financement, l’organisation des dépenses et la répartition des responsabilités. Rejoindre une MAM existante est une autre voie, à condition de vérifier la compatibilité de votre agrément avec les places et le fonctionnement proposés. Dans les deux cas, l’accord de l’équipe et l’instruction administrative ne se remplacent pas l’un l’autre.
- Clarifier le projet : préciser les âges accueillis, les horaires, les valeurs éducatives et les activités envisagées.
- Consulter la PMI : demander les exigences départementales relatives à l’agrément, au local et à la capacité d’accueil.
- Établir un budget réaliste : prévoir loyer, assurance, entretien, équipement et périodes où les recettes peuvent varier.
- Formaliser les accords : répartir les tâches et les frais par écrit, et préparer les contrats avec les parents employeurs.
Un projet bien préparé ne garantit pas l’agrément, mais il permet de repérer les obstacles avant d’engager des frais importants. La réglementation et les pratiques d’instruction peuvent varier selon les départements : demandez les informations officielles applicables à votre dossier.
Fonctionnement quotidien, contrats et projet d’accueil
Chaque famille signe un contrat avec l’assistant maternel qui accueille son enfant. Le contrat précise notamment les horaires, les périodes d’accueil, la rémunération et les indemnités convenues. Les détails doivent être établis en fonction de la situation réelle et des règles applicables, plutôt que repris d’un modèle sans vérification.
Les assistants maternels peuvent toutefois construire un projet d’accueil commun : routines, sorties, activités et règles de vie dans les espaces partagés. C’est là que la MAM prend une dimension d’équipe. Par exemple, si trois professionnels prévoient une sortie au parc, ils doivent organiser les autorisations parentales, les déplacements et la surveillance en tenant compte des enfants effectivement présents.
Dans un accompagnement, j’ai vu un projet se débloquer lorsque les professionnels ont distingué les tâches collectives — entretien des espaces communs, achats — des décisions qui relevaient de chaque contrat. Cette séparation évite de supposer qu’un accord d’équipe modifie automatiquement les engagements pris avec les familles.
Délégation d’accueil en MAM : conditions et limites
La délégation d’accueil permet, sous conditions, à un assistant maternel de confier temporairement l’accueil d’un enfant à un collègue de la même MAM. Elle nécessite l’accord écrit des parents concernés et des assistants maternels impliqués. Elle ne transfère pas le contrat de travail et ne doit pas être confondue avec un remplacement libre entre collègues.
Elle ne permet pas non plus de dépasser la capacité autorisée par l’agrément de la personne qui prend l’enfant en charge. Les heures réalisées dans le cadre de la délégation doivent être organisées selon les règles applicables et les engagements convenus. Avant de l’utiliser, les professionnels ont intérêt à vérifier les modalités auprès de la PMI et à conserver les autorisations écrites.
Imaginez que Léa, dont l’assistante maternelle commence à 9 heures, arrive à 8 heures : un collègue ne pourra l’accueillir que si les accords requis sont en place et si sa capacité le permet à ce moment précis. Le planning de l’équipe ne suffit pas à lui seul à rendre la délégation possible.
Rémunération et frais : calculer le budget d’une MAM
Il n’existe pas de salaire mensuel unique pour les assistants maternels en MAM. La rémunération dépend notamment du nombre d’heures prévues dans chaque contrat, des périodes travaillées et des tarifs convenus dans le respect des minima applicables. Un montant présenté comme une moyenne ne permet donc pas d’estimer le revenu d’un professionnel sans connaître son planning et ses contrats.
Le loyer et les dépenses du local doivent aussi être financés. Leur répartition dépend de l’organisation retenue par les assistants maternels : elle peut être formalisée dans une convention ou dans les statuts d’une association, par exemple. Il faut examiner séparément le revenu brut, les charges liées à l’activité et la part des frais communs ; les confondre fausse la comparaison avec un exercice à domicile.
Avant de signer un bail, je recommande de construire plusieurs scénarios, dont un avec une place temporairement inoccupée. Une MAM dont les charges restent fixes peut être fragilisée par une baisse d’activité, même si le projet éducatif fonctionne bien.
Avantages et contraintes de l’exercice en MAM
Le travail en équipe peut réduire l’isolement associé à l’exercice à domicile et faciliter la préparation d’activités communes. Le local séparé aide aussi à distinguer vie professionnelle et vie privée. Pour les enfants, la présence régulière de plusieurs pairs peut favoriser la socialisation, sans que cela signifie que la MAM fonctionne comme une crèche.
Cette organisation a aussi ses exigences : il faut s’accorder sur les pratiques, les horaires, l’entretien et les dépenses. Des différences de vision éducative peuvent devenir des tensions si les décisions et les responsabilités n’ont pas été discutées. La fréquentation d’un lieu partagé demande enfin une attention constante à l’hygiène, à la sécurité et à la circulation des enfants.
La MAM convient davantage aux professionnels qui souhaitent coopérer tout en conservant des relations contractuelles individuelles avec les familles. Avant de vous engager, visitez le local pendant une journée d’accueil et échangez sur les désaccords possibles : la qualité du collectif se mesure aussi à la manière dont l’équipe les traite.
Pour les démarches et les règles à jour, je vous conseille de consulter la PMI de votre département et les ressources officielles de monenfant.fr. Pour une situation contractuelle particulière, l’Urssaf ou un professionnel du droit pourra vous orienter à partir de vos documents précis.




